Guide à la culture franco-ontarienne

La création de cet article s'est réalisée grâce à notre partenariat avec Le centre francais de Hamilton.

Aperçu sur la culture historique des Franco-Ontariens

Les francophones en Ontario possèdent une riche et vibrante culture. Chaque région possède ses particularités et sa culture reflète les conditions dans lesquelles elle vit.

Dans cet article

Le terme franco-ontarien à été créé, à l'origine, pour désigner les descendants des colons français qui se sont installés en Ontario du 17ème au 19ème siècles, premièrement dans la région sud-ouest, et ensuite dans le nord et l’est de la province.

Une culture unique à ce groupe, certains diront, débuta au 16e siècle. Elle est relatée dans les documents écrits relatifs aux exploits de Jacques Cartier dans lesquels on trouve une description du territoire ontarien français. C’est plutôt suite à la conquête anglaise de 1763 que la culture franco-ontarienne s’est insufflée dans les chants et les contes. Récemment, le terme franco-ontarien a été modifié pour englober la nouvelle vague d’immigrants d’origine québécoise et des francophones d’autres pays.

Lors de la montée du nationalisme québécois des années 1960 et 1970, les francophones en Ontario ressentent la nécessité de se distinguer comme francophones. Ce mouvement mena à l’établissement d’organismes veillant au patrimoine culturel franco-ontarien.

Ressources Utiles

Cette page, publiée par l’Office des affaires francophones, vous fournit une liste des organismes-clé de l'Ontario français.

Parmi ceux-ci, l’Association canadienne française de l’Ontario mène une lutte pour l’obtention de services offerts en français en Ontario, règlementés aujourd’hui par la loi sur les services en français connue sous le nom de la Loi 8. Cette loi s’avère une affirmation officielle de l’identité franco-ontarienne.

Entre autres, près d’une vingtaine de centres culturels s’établirent à cette époque. Ces organismes se chargent de la promotion, de l’accessibilité et du développement de la culture franco-ontarienne en offrant une programmation d’activités communautaires. À but non lucratif, la plupart des centres reçoivent des subventions provinciales et fédérales et coordonnent des prélèvements de fonds pour appuyer leurs activités.

Chaque centre est responsable de sa propre programmation et offre des activités selon la diversité culturelle de sa communauté. Parmi les activités nous retrouvons : des spectacles musicaux, des pièces de théâtre, des cours de danse, des clubs de devoirs pour jeunes, des festivals de films et des clubs de lecture.

Les théâtres francophones

Les pièces franco-ontariennes sont influencées par la longue tradition relatée dans des contes et qui ferait de Ti-Jean un héros tout-puissant se révoltant au nom des paysans franco-ontariens. Beaucoup de théâtres professionnels créés dans les années 1970, évoquent dans leurs pièces cette tradition dans un style narratif. La naissance des théâtres à cette époque est issue du besoin de représenter les mœurs des Franco-Ontariens, une communauté minoritaire vivant dans un milieu majoritairement anglophone.

Aujourd’hui, nous connaissons un nouveau théâtre professionnel qui, selon Michel Chevrier, est une réflexion des changements socio-culturels qu’a subis la communauté franco-ontarienne durant les trois dernières décennies. La migration des Franco-Ontariens vers les centres urbains et l’émergence des diverses communautés migrantes et immigrantes de langue française remettent en question l’idée d’une communauté francophone uniforme et close. Les pièces suivantes reflètent bien cette évolution :

  • Nationalité franco-ontarienne, théâtre alternatif des années 1970 :
    Lavalléville de André Paiement, Les murs de nos villages de Jean-Marc Dalpé
  • Période de transition vers une nouvelle identité diversifiée :
    Le Chien de Jean-Marc Dalpé, Frenchtown de Michel Ouelette

Aujourd’hui, les thèmes du théâtre franco-ontarien se retrouvent ailleurs comme, dans la pièce Iphigénie en trichromie de Michel Ouelette, où nous remarquons un intérêt accru envers des pays étrangers.

Les événements culturels

Les jeux franco-ontariens

Les jeux franco-ontariens représentent depuis 1994 le plus grand rassemblement annuel de la jeunesse franco-ontarienne. Chaque année, au cour du mois de mai, un millier de jeunes de 70 écoles secondaires franco-ontariennes venant de tous les coins de l'Ontario se rassemblent pour faire valoir leurs talents dans six grandes compétitions : sports et athlétisme, arts visuels, improvisation théâtrale, quiz sur l'Ontario français, amuseurs publics et chanson et musique.

Mois des Noirs

Chaque année, au cours du mois de février, les Canadiens se rassemblent pour célébrer l’apport culturel et la contribution communautaire des concitoyens de race noire. On retrouve une variété d’activités dans chaque communauté comme le Festival afro-antillais francophone à Ottawa.

Cinéfranco (fin mars)

Le but de Cinéfranco est de fêter et promouvoir la diversité et la richesse du cinéma francophone.

Franco-fête de Toronto

Franco-Fête organise une série d’activités sociales et culturelles se déroulant annuellement de la semaine internationale de la francophonie (mi-mars) à la Saint-Jean-Baptiste (fin juin)

Festival franco-ontarien

Le Festival franco-ontarien démarre chaque saison estivale dans la région de la capitale nationale avec des éclats musicaux et de la magie artistique. Depuis 1976, le festival séduit petits et grands avec ses spectacles et du divertissement pour toute la famille. Venez savourer la culture francophone dans toutes ses dimensions. Chantez avec les grands noms de la chanson francophone tout en découvrant les étoiles montantes de chez nous et celles de l’Afrique, de l’Europe, du Québec et de l’Acadie.

La fête de la Saint-Jean Baptiste

De nombreuses communautés organisent des activités dans le cadre de la fête de la Saint-Jean Baptiste. Chez nous, la popularité de la fête vient du fait que Saint Jean-Baptiste est reconnu comme étant le patron des Canadiens français.

Il existe une légende selon laquelle le journaliste et patriote Ludger Duvernay aurait donné ce nom à la société nationale des Canadiens français, qu’il a fondée en 1834, en raison de la présence de nombreux Canadiens d’origine française qui portaient le prénom de Jean-Baptiste.

Les Concerts la Nuit sur l’étang

Depuis 1973, La Nuit sur l’étang offre à un certain nombre d’artistes professionnels et amateurs la possibilité de présenter leur spectacle dans un contexte entièrement professionnel. Une expérience qui sert de tremplin pour certains. La Nuit sur l’étang…comme le disait si bien André Paiement, fondateur du festival, c’est « la folie collective d’un peuple en party! ».

Les écrivains – Les romans francophones et les écrivains bien connus

Les écrits français en Ontario apparaissaient plus souvent sous forme de pièces de théâtre. Les textes abordent les thèmes d’identité, de bilinguisme, d’assimilation ou de marginalisation. Voici quelques auteurs emblématiques de ces thèmes :

Patrice Desbiens

Originaire de Timmins, Patrice Desbiens accorde une importance particulière à la région nord de l’Ontario ainsi qu'aux enjeux franco-ontariens. Il fait paraître son premier recueil de poésie, Ici, en 1974. Très tôt reconnu comme le poète de l'Ontario français, notamment avec L'Homme invisible /The Invisible Man, Patrice Desbiens est finaliste au prix du Gouverneur général avec son recueil Dans l'après-midi cardiaque. En 1985, il obtient le Prix du Nouvel-Ontario pour l'ensemble de son oeuvre et pour sa contribution à la littérature franco-ontarienne. Il reçoit le Prix Champlain pour Un pépin de pomme sur un poêle à bois en 1997 et le Prix de poésie Terrasses Saint-Sulpice-Estuaire pour son recueil La Fissure de la fiction en 1998.

Musicien tout autant que poète, Desbiens a l'habitude des lectures publiques. Il a notamment participé à la tournée Trésor de la langue à Montréal, en Belgique et en France. Avec le musicien René Lussier, il a enregistré deux disques : Patrice Desbiens et les Moyens du bord et La Grosse Guitare rouge. Il est considéré comme un des écrivains majeurs du Canada français.

Marguerite Andersen

Infatigable voyageuse (Allemagne, États-Unis, Éthiopie, France, Grande-Bretagne, Italie, Québec, Tunisie), Marguerite Andersen vit à Toronto.

Selon François Paré, professeur titulaire de l’Université de Waterloo, Marguerite Andersen est certes l'une des figures de proue de la littérature franco-ontarienne actuelle. Immigrante d'origine allemande, écrivant en français dans le contexte du Canada anglais, Andersen fait de cette double étrangeté une des motivations les plus profondes de sa venue assez tardive à l'écriture.

Elle a publié plusieurs romans, dont De mémoire de femme, L'Homme-papier, La Soupe, Conversations dans l'Interzone (avec Paul Savoie), et des recueils de nouvelles, dont Les Crus de l'Esplanade, Courts Métrages et Instantanés. En 1998, elle est rédactrice en chef de Virages, la revue franco-ontarienne de la nouvelle.

Daniel Poliquin

Né à Ottawa, Daniel Poliquin se passionne depuis longtemps pour les langues étrangères et la littérature. Il détient une maîtrise en allemand et un doctorat en lettres françaises. Il est traducteur à la Fonction publique du Canada dans les années soixante dix, puis réviseur et enseignant à temps partiel à l’École des traducteurs et interprètes à l’Université d’Ottawa.

Il est l’auteur de plusieurs recueils de nouvelles et romans couronnés par la critique : L’Écureuil noir, 1994, L’Homme de paille, 1998 (prix Trillium), et d'un essai, Le Roman colonial. Il fait également une brillante carrière de traducteur littéraire.

Aujourd’hui, la hausse d’immigration de francophones alimente les thèmes et apporte un différent vécu ainsi qu’une nouvelle perspective à la littérature franco-ontarienne. Voici quelques auteurs bien connus :

Aristote Kavungu

Aristote Kavungu est né au Congo (ex-Zaïre) de parents angolais. Après un séjour de plus de dix ans en France où il a étudié les lettres modernes à l'Université de Paris XIII, il s'est installé à Toronto. L'adieu à San Salvador, son premier livre publié aux éditions de L'Interligne, a été finaliste au Prix Anne-Hébert et Un Train pour l'Est a remporté en 2003 le Grand Prix du Salon du livre de Toronto. Il a fait siens les mots d'Yves Bonnefoy : « J'écris parce qu'il y a en moi un être qu'il est urgent de sauver ».

Melchior Mbonimpa

Canadien d’origine burundaise, Melchior Mbonimpa, docteur en philosophie et docteur en théologie, enseigne au département des sciences religieuses de l’Université de Sudbury depuis quinze ans. Il a dirigé ce département pendant huit ans ainsi que le Projet éthique de la même université pendant les cinq dernières années. En avril 1999, il a comparu comme témoin expert au tribunal pénal international pour le Rwanda, à Arusha, en Tanzanie. Il a publié plusieurs ouvrages sur la politique en Afrique, particulièrement sur la région des Grands Lacs. Il est aussi l’auteur des romans Le Totem des Baranda (Prix Jacqueline-Déry-Mochon) et Le Dernier Roi faiseur de pluie. Les morts ne sont pas morts est son troisième roman.

Vous pouvez consulter le Service de recherche en littérature canadienne pour obtenir les œuvres de chaque auteur.

Il est possible de se procurer une copie des livres à la librairie de votre région ou vous pouvez les commander en cliquant sur ce lien : Livres, disques etc. Encore mieux, rendez vous à votre bibliothèque municipale et empruntez vos livres gratuitement. Le site Web Bibliothèque et Archives Canada liste par région les bibliothèques publiques du Canada.

La musique franco-ontarienne

Parmi les styles traditionnels des Franco-Ontariens, nous retrouvons :

Gigue : Musique traditionnelle vive, d’origine anglaise, jouée sur violon, accordéon, mandoline, flageolet ou tout autre instrument mélodique. Danse populaire exécutée sur le même rythme, caractérisée par des frappements vifs, et souvent alternés, des talons et des pointes.

C'est L'Aviron

Chanson traditionnelle
M’en revenant de la jolie Rochelle; (bis)
J’ai rencontré trois jolies demoiselles.
Refrain
C’est l’aviron qui nous mène, qui nous mène
C’est l’aviron qui nous mène en haut!

Chanson à répondre : C’est un chant entonné par un chanteur principal et le refrain ou quelques couplets sont repris en chœur par les participants présents.

Rengaine : Chanson qui ajoute ou énumère des éléments à mesure qu’elle est chantée.

Réel : Une musique vive en 4/4, d’origine écossaise, jouée sur un ou plusieurs instruments mélodiques. Une danse exécutée sur cette même musique, caractérisée par des frappements vifs et alternés des talons et des pointes. Le danseur s’exerce souvent au point de tituber de fatigue ou d’étourdissement.

Chanson grivoise : Chanson licencieuse, d’une gaieté libre. Souvent on y retrouve des expressions au sens double pour faire allusion aux plaisirs « défendus ».

Propagées de bouche à oreille, ces chansons proviennent originellement de la France et se sont transformées au fil des ans pour représenter la réalité des Franco-Ontariens. Elles sont habituellement accompagnées d’un violon, du tapement d’une paire de cuillères de cuisine ou du tapage de pied.

La crise d'identité des années 1970 marqua la chanson franco-ontarienne. « Notre place » de Paul Demers, devenue chanson thème des Franco-Ontariens, incarne le plus effectivement cette période .

Notre Place (Extrait)

Pour ne plus avoir
Notre langue dans nos poches
Je vais chanter
Je vais chanter
Que tu viennes
De Pointe-aux-Roches ou d'Orléans
Je vais chanter
Je vais chanter

(Ref.) Pour mettre les accents là où il le faut
Faut se lever, il faut célébrer…

L’Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM) voit le jour au printemps 1990 et se donne pour mandat de regrouper les professionnels en favorisant par tous les moyens le développement et l’épanouissement de la chanson et de la musique franco-ontariennes. L’APCM distribue et enregistre la musique de francophones en Ontario. En visitant leur site web, on peut se procurer la musique d’artistes connus.

Arts visuels

BRAVO est d'abord et avant tout une association au service des artistes de l'Ontario français. Elle vise à leur développement et est vouée à la défense de leurs intérêts individuels et collectifs. Les activités de BRAVO doivent répondre à des besoins de représentation, de formation, de promotion, de diffusion des arts visuels. BRAVO vise la dynamisation des arts visuels et médiatiques et l'atteinte d'un climat socio-économique favorable à sa diffusion en Ontario et ailleurs.

BRAVO favorise et met sur pied des réseaux de communications qui favorisent l’interaction entre les artistes visuels de l’Ontario.

La culture ethnoculturelle

Être francophone en Ontario, c’est aussi appartenir à une communauté diversifiée. Les centres de santé et les centres culturels de l’Ontario incorporent des services d’accueil et des activités qui facilitent l’intégration des nouveaux arrivants. Avec l'augmentation du nombre d’immigrants de langue française, nous remarquons une revitalisation des communautés et des services qui leur sont offerts. Les centres, non seulement diversifient leur programmation pour favoriser le sens d’appartenance, mais aussi appuient les initiatives. On retrouve souvent des regroupements ethnoculturels, comme le groupe congolais de Hamilton, les troupes de danse rwandaise et burundaise de Toronto.

Voici quelques groupes intéressants :

Le projet Terre d’accueil du Théâtre la vieille 17 invite les membres des communautés raciales ou ethnoculturelles à créer un spectacle de théâtre de toutes pièces, depuis l’écriture du texte jusqu’aux représentations devant le public en passant par la construction des décors, la confection des costumes et le travail de répétition. Conçues à partir de la réalité des participants, les pièces illustrent, avec humour et sensibilité, les joies et les difficultés de s'adapter à un nouveau pays, tout en stimulant la réflexion sur la situation des francophones en Ontario.

La Société artistique Rhythm’n’Zouk (SARNZ) a pour mission de promouvoir et de valoriser les cultures de la communauté ethnoculturelle francophone de l’Ontario, d’en représenter les intérêts à titre d’artisan de la culture franco-ontarienne et canadienne. La SARNZ présente une programmation pluridisciplinaire qui tient à promouvoir, avant tout, les talents professionnels francophones issus des cultures de la communauté ethnoculturelle.

Conclusion

Les événements culturels francophones abondent en Ontario. Cependant, les budgets des centres communautaires sont limités et les activités de langue anglaise saturent les médias. Quoiqu’il en soit, la visibilité et la médiatisation des événements des Franco-Ontariens en souffrent. Il est important de se renseigner ou d’obtenir un calendrier d’activités des centres communautaires de sa région. Cela en vaut la peine puisque la participation active au sein de sa communauté est essentielle pour améliorer la qualité de la vie et faciliter l’intégration dans un milieu autrement étranger.

Dernière mise à jour : février 5, 2015 4000851