Écoles francophones de l'Ontario et écoles d'Afrique- Quelles différences ?

Si vous songez à scolariser vos enfants à l'école de langue française, lisez notre entrevue avec Mr. Felicien Mwanza. Cet homme d’origine congolaise est le père de sept enfants qui ont tous été éduqués dans le système d’éducation francophone. Il nous raconte son expérience.

Dans cet article

Etabissement.Org a eu l’occasion d'avoir une entrevue avec M. Mwanza au sujet de ses enfants, de ses expériences avec les écoles de langue française et des différences entre le système pédagogique en Ontario et celui en Afrique.

Pourquoi une école francophone?

Vous parlez de votre famille. Combien d’enfants avez-vous?

Oh, j’ai une grande famille. Je suis père de sept enfants.

Ils sont tous en Ontario?

Oui. J’ai quatre filles et trois garçons.

Et ils sont tous enregistrés à l'école primaire ou secondaire de langue française?

Oui. Je me suis dit que je ne peux pas les mettre directement dans des écoles anglophones, étant donné qu’ils ne connaissent pas l’anglais. Ils auront grandement un retard dans leur vie scolaire.

Pourquoi avez-vous décidé d’envoyer vos enfants à une école de langue française?

J’ai préféré qu’ils continuent avec le français, qu’ils ne puissent pas perdre le français. Ce sont des enfants. Ils entendent l’anglais par-ci, par-là, et ça ne sera pas un grand problème pour qu’ils puissent parler. Comme nous habitons l’Ontario anglophone.

Quel conseil scolaire avez-vous choisi pour vos enfants?

Moi j’ai choisi l’école catholique. Étant donné que moi-même je suis catholique. Je suis chrétien d’une église catholique. Je préférais que mes enfants puissent étudier dans des écoles où moi aussi j’ai étudié, parce que moi j’ai étudié à l’école primaire toujours dans une école catholique et secondaire…

Les différences entre les systèmes pédagogiques.

Quelles sont les différences entre le système d’éducation au Canada et celui dans votre pays d’origine?

Nous voyons que je touche le point de discipline. Quand on parle de discipline on parle de règlement que l’on doit respecter pour que l’ordre règne dans une école. Même à la maison. Et là aussi les disciplines ont cessé.

D’après mon observation, les élèves de l’Ontario sont désobéissants. Ils se comportent parfois d’une façon indigne, indisciplinée. Ils appellent le professeur par son nom. Tandis qu’un enfant du Congo est soumis à son professeur, son enseignant qui lui donne le cours. Il est soumis, il peut le voir même quelque part en vous si vous le respectez. « Bonjour Monsieur. » « Bonjour Monsieur. » Il sait que son instruction vient de ce monsieur-là. Mais ici, les enfants se comportent Monsieur Tel, pas même Monsieur. On l’appelle par le nom, Jean.

Est-ce que vous voyez une différence entre le mode d’enseignement dans une salle de classe canadienne d’Ontario et en Afrique ?

Oui, il y a une différence de ce côté-là. En Afrique, par exemple, pour l’école primaire, l’enseignant dit : « À la première heure je vais donner tel cours. » Mais il ne fait pas – avec la direction. Il est suivi par la direction qui supervise le tout. « À telle heure je vais donner tel cours. » L’enseignant seul donne le cours du début jusqu’à la fin. Il n’y a pas de rotation. Tandis qu’ici, il y a une rotation. Un changement. Le changement même de salle.

À votre avis est-ce qu’il y a une différence entre le mode que le professeur utilise dans une salle de classe en Afrique et une salle de classe au Canada, pour enseigner aux enfants?

Oui. L’Afrique c’est un continent qui est sous-développé. On manque beaucoup de didactique, tout ça. On est limité de ce côté-là. Alors on utilise tout ce qu’on a. Le professeur utilise vraiment beaucoup sa tête pour se faire comprendre par les élèves. Tandis qu’ici, exemple simple : en Afrique vous ne pouvez pas trouver toute une grande salle comme ça d’ordinateurs. C’est une technique tout à fait nouvelle et qui facilite les élèves à faire leurs recherches,. Chez nous c’est encore des livres. Alors en Afrique le professeur doit chercher à faire, à utiliser sa tête...

Y a-t-il des différences en ce qui concerne la méthodologie?

Oui. Vous verrez que les enfants en Afrique, un professeur de mathématique, à partir, par exemple, de l’école primaire ou secondaire, les enfants utilisent leur tête pour répondre. L’enseignant a des méthodes à faire développer la mémoire des élèves. Même un enfant qui était faible pour mémoriser.

Est-ce que vous pensez qu’il y a plus de devoirs en Afrique? Est-ce que c’est, à votre avis, la même chose qu'ici?

Oui. De ce côté-là oui, je vois que c’est presque la même chose.

Histoire de M. Mwanza

Est-ce qu’il y avait des choses inattendues au sujet du système d’éducation en Ontario quand vous êtes arrivé ici?

Mes enfants, en arrivant ici, j’ai mis mes enfants dans des écoles francophones. Voyant les méthodes qui se donnent, les méthodes dont les cours sont donnés ici par rapport à là-bas, les enfants trouvaient qu’ici on dirait tout est facile pour les enfants. Et on dirait qu’ils ne se donnent pas comme ils se donnaient chez nous. Ils trouvent que c’est facile. Ce que j’ai étudié je vais toujours réussir. Chez nous, voilà encore quelque chose qui je vais soulever, très important, mais l’enseignement d’ici.

Est-ce qu’il y avait d’autres choses surprenantes pour vous concernant le système pédagogique en Ontario, que vous avez découvertes quand vous êtes arrivé ici?

La pédagogie ici, par rapport à l’Afrique, quand je vois c’est presque la même chose. Ils utilisent beaucoup de méthodes. Par exemple, les enfants qui sont faibles, ici, les enfants qui sont faibles, on cherche à connaître pourquoi cet enfant est comme ça. Il va même chez le psychothérapeute. Il y a beaucoup de services qui s’occupent de l’enfant ici. Tandis qu’en Afrique, il y a défaillance de ce côté-là.

Quels sont les aspects positifs du système scolaire en Ontario?

Ah l’aspect positif, les enfants ont beaucoup de facilités. Des ordinateurs, ils ont des laboratoires sophistiqués. Des laboratoires et tout ce qu’il faut pour que l’enfant puisse bien apprendre.

Que pensez-vous du matériel didactique des enseignants canadiens?

Les matériels didactiques des enseignants canadiens sont bons, louables et surtout appréciables. Le matériel didactique facilite l’apprentissage, la compréhension rapide des cours aux élèves.

Est-ce qu'ils ont eu l’occasion d’apprendre l’anglais ?

Oui, ils apprennent – les enfants apprennent partout. Ils ont leurs amis. En récréation, peut-être même après la récréation quand ils sortent de l’école, ils ont des amis. Tantôt ils écoutent tout le temps l’anglais. Un exemple; je vous ai dit que j’ai ma fille cadette qui a 3 ans et 10 mois, mais nous l’avons mise dans une garderie. Elle parle déjà l’anglais. Donc elle a parlé l’anglais après deux mois. Elle a commencé à parler. Elle parle couramment. Tandis que moi, papa, je suis les cours d’anglais mais j’ai des difficultés. Quand on parle comme ça, ça passe.

Vous avez mentionné que le Centre francophone vous a aidé à vous établir et à trouver les écoles francophones. Comment exactement est-ce que le Centre francophone vous a aidé?

Le Centre francophone m’a beaucoup aidé de ce côté-là. Et vous voyez, j’ai la facilité de rencontrer, quand je rencontre un francophone, quelqu’un qui parle français, voilà, j’ai une ouverture déjà. On se comprend. Bon. On est arrivé, on ne savait pas où, à qui poser nos problèmes ou trouver telle solution.

Pensez-vous que vos enfants, quand ils recevront leur diplôme secondaire,vont continuer leur éducation, leur formation dans un collège francophone?

Non. Comme nous sommes ici en Ontario, ils vont continuer l’enseignement supérieur dans des collèges anglophones. Mais entretemps ils ne vont pas perdre leur français

Okay, la prochaine c’est quels conseils donneriez-vous aux nouveaux arrivants francophones qui ont des enfants?

Oui, le conseil à leur donner est qu’ils suivent mon pas. C’est-à-dire que moi j’ai des enfants et j’ai préféré prendre leurs inscriptions dans des écoles francophones, quand ils viennent et s’ils sont aussi francophones dans leur pays, parce que l’Afrique, il y a l'Afrique francophone et l'Afrique anglophone. S’ils viennent de l’Afrique francophone, qu’ils choisissent les écoles francophones ici, en Ontario, pour la continuité de leurs enfants.

[fin de l'entrevue]

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Dernière mise à jour : septembre 16, 2014 4000837